Jean-Claude le philosophe

« Tu regardes a l’interieur de toi et tu deviens aware of your own body! »

« Les plantes par exemple, qui n’ont pas de mains, et pas d’oreilles, elles sentent les choses, les vibrations , elles sont plus awares que les autres species »

« Entre toi et moi il y a un produit qui s’appelle un produit, et c’est un produit qui s’appelle l’oxygene, alors si tu fais ca (inspiration/expiration) comme ca, tu vis, mais si je tue l’oxygene comme sur la lune, tu meurs !! »

« Une vache, ca te bouffe trois hectares, moi, avec trois hectares, je te fais deux mille kilos de riz… avec trois hectares, je te nourris Avignon, tu vois… »

« Une femme qui est enceinte, par exemple, elle est aware qu’elle attend un enfant … »

« Un replicant quand il nait, il est physically forme comme un gars de 40 ans, mais son brain… comment on dit ? son computer brain ? son cerveau, il faut qu’il absorbe tout ce qu’il y a autour, qu’il voie les couleurs, qu’il touche comment sont les choses, il est aware… »

« Une noisette, j’la casse entre mes fesses tu vois… »

« Le monde est compose de chair et de molecules, et d’electricite, comme le Big-Bang tu vois, et tout ca ensemble, ca forme l’Univers. »

« Quand je vois un enfant qui est moitie Belge, moitie Viet-Kong, et qui est mon enfant, tu vois…, c’est…, c’est…, c’est mon Dieu quoi. »

« Au debut pour faire l’amour…, et je ne parle pas que de sexe…, il faut etre physical, mais ensuite, il faut etre plus mental, et apres quand tu as un enfant, il faut etre spiritual pour bien l’elever. »

« Ce n’est pas moi qui parle…c’est nous qui parlons. »

« On n’a pas la meme perception du temps selon les species, c’est ce qui fait que je peux passer ma main entre toi et moi comme ca, parce que pour l’oxygene, une seconde, c’est peut-etre dix secondes, et pour le beton, une seconde, c’est peut-etre un millieme de seconde.. »

« Je suis fascine par l’air. Si on enlevait l’air du ciel, tous les oiseaux tomberaient par terre….Et les
avions aussi…. En meme temps l’air tu peux pas le toucher…ca existe et ca existe pas…Ca nourrit
l’homme sans qu’il ait faim…It’s magic… L’air c’est beau en meme temps tu peux pas le voir, c’est
doux et tu peux pas le toucher… L’air c’est un peu comme mon cerveau… »

« La vie c’est quelque chose de tres fort et de tres beau…. La vie appartient a tous les vivants. It’s both a dream and a feeling. C’est etre ce que nous ne sommes pas sans le rester. La vie c’est mourir aussi….Et mourir c’est vraiment strong… c’est rester en vie au dela de la mort…Tous ceux qui sont morts n’ignorent pas de le savoir »

« La drogue, faut pas toucher, c’est serieux… Moi j’ai touche, j’ai perdu le touch, j’avais plus le feeling de la vie… Ma brain etait a l’envers dans ma tete. La drogue, c’est comme quand tu close your eyes et que tu traverses la rue… »

Et le meilleur pour la fin !

« J’adore les cacahuetes. Tu bois une biere et tu en as marre du gout. Alors tu manges des cacahuetes. Les cacahuetes c’est doux et sale, fort et tendre,comme une femme. Manger des cacahuetes, it’s a really strong feeling. Et apres tu as de nouveau envie de boire de la biere. Les cacahuetes c’est le mouvement perpetuel a la portee de l’homme »

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Et si je vous racontais une histoire…

Une belle histoire qui n’en finirait pas, comme une journée aussi longue qu’un mois… Et si je vous racontais une histoire… Une histoire qui commencerait comme ça… par l’arrivée de sept jeunes, ne connaissant encore que très peu de la vie, dans un pays dont ils ressortiraient plus petits intérieurement et plus grands en apparence… Et si je vous racontais une histoire, commençant par les fines gouttelettes irréelles flottant dans l’air frais du matin de ce pays qui vit la naissance du premier homme, et dont la terre est rouge comme le sang qui coule dans les cœurs chaleureux de ses habitants… Une histoire dans laquelle la vie est simple, bien plus essentielle et dont les bénéficiaires remercient le créateur en chantant de jour comme de nuit, avec cette même allégresse qu’expriment les enfants de ce petit village d’Olturoto… Quelle vraiment belle histoire j’aurais pu vous raconter…

Cependant, une telle histoire demanderait plusieurs centaines de pages pour être retranscrite dans une plus que médiocre globalité… Ainsi je ne me permettrai ici que de développer certains aspects m’apparaissant comme plus importants, ou du moins plus substantiels pour la personne qui s’apprête à les lire, agrémenté de quelques réflexions personnelles. En conséquence de quoi je ne développerais pas nos activités, n’ayant – quoique certains puissent en dire – rien d’exceptionnel, bien que passablement enrichissantes…

Dressons une petite peinture impressionniste de ce lieu d’Afrique de l’Est, en commençant par la demeure dans laquelle nous avons été accueillis par un homme merveilleux, soucieux de notre bien-être et de notre sécurité comme jamais ne le seront la plupart de nos concitoyens envers un étranger. A vrai dire nous avons vécu dans un luxe hors du commun pour la Tanzanie et si ceci n’était pas forcément évident pour certain d’entre nous, cela l’était du moins pour tout le reste des habitants du village… La maison était équipée d’une cuisinière électrique et d’un frigo (objets très rares) et l’eau fraîche que nous utilisions à outrance étaient apportée par les rares enfants du village qui n’allaient pas à l’école, moyennant quelque argent. La grille de l’entrée, que nous devions fermer à contrecœur devant les regards (habités d’une expression très dure à cerner) des enfants, était même gardée par deux personnes se relayant tous les 2 jours… Car il faut dire que l’homme blanc, bien qu’apportant de l’aide, apporte aussi l’envie et la convoitise… Ainsi Henri fît pour nous tout ce qu’il lui était possible de faire, c’est à dire trop… Maintenant, avons-nous de notre côté fait tout ce qu’il nous était possible pour les habitants de ce village, je laisse le soin à chacun de développer son jugement…

La vie simple menée là bas, jouant de pair avec la nature brute et sauvage, avaient pour conséquence que je me sentais presque plus chez moi là bas, que dans cette ville de Genève, ville dans laquelle je n’aurais jamais voulu revenir… Le contact avec les habitants encourageant ce type de pensée, de par leur envie d’échange avec nous. Il était incroyable de partager des paroles avec des personnes ayant grandi avec des points de repères diamétralement différents, un schéma social, une éducation (s’il y a), totalement éloignés des nôtres… Ainsi, pouvait-on peut-être dégager les axes fondamentaux de la véritable nature humaine – malheureusement si souvent oubliée au fond de nous – qui nous rapproche entre animaux de la même espèce. Une nature humaine simple, joyeuse et humble, respectueuse de l’autre comme de l’environnement, ce dernier ayant la grande bonté de nous nourrir de ses fruits… Nature humaine qui se développerait dans cette région de la plus merveilleuse des manières, ceci étant surtout dû au fait que nul ne souffre de la faim, la nature étant ici particulièrement généreuse… Mais ce respect pour la mère nourricière n’est pas évident pour tout un chacun… Je m’explique.

Autant ces personnes vivent dans une société très empreinte de valeurs traditionnelles et conservatrices, telle que la circoncision, représentant le passage de l’enfant à l’âge adulte. Autant la plupart acceptent sans façon toute la sale engeance de notre malheureux monde occidental si auto-satisfait, tels que l’urbanisation, l’emploi de pesticide, la pollution, etc… Ainsi, (pour ne citer que cet exemple,) ceux-ci oublient peu à peu des millénaires d’élaboration de médecine traditionnelle basée sur les plantes, dont la nature variée et sauvage est si riche, pour se tourner vers une médecine allopathique jeune d’à peine une centaine d’années, pas spécialement plus efficace outre mesure… Ceci les rend ainsi dépendants de notre si merveilleux système et les aide à mener à bien cette si magnifique mondialisation « acculturante » … (Ce qui n’empêche naturellement pas par la suite certains chercheurs occidentaux de s’approprier les secrets des sorciers pour les utiliser chez nous après dépôt de brevets, tellement l’ « homo mercantiliniensis » ressent ce besoin pervers et lubrique de s’en mettre plein les poches…).

Nous avons tous été frappés et ébahis par cette nature sauvage et grandiose. Peut être celle de nos pays serait-elle restée aussi belle si nous ne l’avions pas en partie détruite par notre soi-disant progrès… Peut être ainsi ne ressentirions nous plus ni de malaise intérieur, ni cet incontrôlable besoin de voyager, dans l’espoir de contempler à nouveau une nature vierge, pure, exempt de toute souillure, ainsi que de vraies valeurs, qui nous font à l’heure actuelle tant défaut. Et pour finir peut être bien que comme cela, nous ne viendrions pas polluer de notre tourisme occidental de consommateur, sans cesse avide d’exotisme, ces terres quasi vierge. Terres écrasant de leur puissance la « grandeur » humaine comme une misérable punaise…

Ce pays a encore la possibilité au stade ou il se trouve de résister à cette montée de la mondialisation et de développer des infrastructures intelligentes et respectueuses de l’environnement… C’est déjà le cas pour les parcs nationaux qui sont presque considérés comme sacrés… (Voilà bien le seul avantage du tourisme dans cette région). Mais il y encore d’énormes efforts à fournir au niveau du traitement des déchets et de l’agriculture… Car l’usage de pesticides, polluant la nappe phréatique, ainsi que l’enfouissement des déchets dans la terre, n’annoncent pas un avenir de rêve pour ce paradis…

J’ai beaucoup appris au niveau des rapports humains et j’espère que certains liens, tissés par certains d’entre nous avec certains habitants, resteront aussi solides que l’ébène dans lequel les Massaïs façonnent leurs bâtons de « bergers du monde libre »…

Jamais je n’aurais voulu quitter ce lieu vibrant de la puissance de la terre…

Pour finir, Nicolas, de par sa fonction, s’occupera sûrement des remerciements officiels. Pour ma part, je voudrais simplement vous remercier, vous tous qui m’avez supporté pendant un mois… vous remercier d’avoir parlé, d’avoir écouté, d’avoir partagé quelque bière, de vous être énervés, d’avoir fait des erreurs, d’avoir accepté celles des autres, tout cela avec moi comme avec tous les autres êtres humains côtoyés pendant ce mois…

Voici en conclusion finale un conte de veillée africaine, rejoignant de près comme de loin certains de mes propos…

L’arbre et la terre

Un jour, l’arbre et la terre se disputèrent.

-Qui es-tu ? demanda l’arbre à la terre.

-Tu ne me connais pas ? Je suis la terre. C’est moi qui donne la vie aux êtres et reprends leur corps à la mort. C’est moi qui t’ai fait voir le jour, qui te nourris et te protège contre les vents violents.

-Je ne te crois pas, menteuse ! Si mon existence dépendait de toi, je te connaîtrais comme je connais le ciel, la lune, le soleil, le vent et la pluie. Je ne t’aurais pas à mes pieds.

-Détrompe-toi, mon fils. Ta taille n’est qu’une apparence. Et même si tu deviens plus malin, lui dit la terre, sache, que jamais, les oreilles d’un homme de dépasseront sa tête. Tu as la tête en haut, c’est vrai, mais ta vie se trouve ici, en bas.

L’arbre ne crut aucun de ses propos.

Orgueilleux, il continua à se moquer de la terre.

L’orage cependant gronda très fort.

L’arbre fut secoué tant et si bien que toutes ses feuilles tombèrent.

Se sentant faible devant les coups de rafales, l’arbre appela la terre à son secours.

Celle-ci ne fit rien pour empêcher le vent de le déraciner

L’arbre tomba à terre, pourrit et devint de la poussière…

Yvan

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Mes prisons dans l’armée suisse

J’ai eu le malheur de devoir servir dans l’armée suisse. J’ai toujours été un plaisantin qui aime transgresser les règles, mais dans cette armée germanique cela m’a attiré pas mal d’enmerdements. Cela a commencé par de l’insubordination, que cette vaillante armée nomme « refus d’ordre ». Ce que les galonnés n’acceptent pas, ce n’est pas tant que l’on refuse des ordres absurdes, c’est qu’on est l’esprit, la capacité psychique de le faire. Si le terrorisme ne suffit pas pour casser toute velléité d’indépendance d’esprit, la prison est là, et avec, l’impossibilité de rentrer en permission le week-end. Il y a aussi les condamnations complètement absurdes, et j’en citerais trois dont je fus victime.

En ce qui concerne la première, tout commença un dimanche soir de retour de permission. Je n’arrivais pas à entrer ma culasse dans mon fusil. La culasse est la pièce la plus importante du fusil, sans elle on ne peut tirer. Chaque samedi matin, avant de partir en week-end, on les enlève, et on les met au local de garde afin d’éviter les vols; puis le dimanche soir en rentrant, on les réintroduit dans le fusil. Or ce dimanche soir je n’arrivais pas à la mettre dans la chambre à culasse, et je n’ai jamais compris pourquoi. Le lendemain nous partions en manoeuvres dans les montagnes. Je reçu l’ordre de mettre ma culasse dans une sacoche de mon harnais. Le mardi, après des exercices qui me firent bouger dans tous les sens, je m’aperçu que j’avais perdu ma culasse. Pendant des heures toute la compagnie chercha dans la neige cette satanée culasse. Mon lieutenant, un fribourgeois assez gentil et toujours bourré, était mal à l’aise, puisque c’était lui qui m’avait donné l’ordre de ranger ma culasse dans mon harnais. Nous ne la retrouvâmes pas, et le soir nous partions pour un terrain d’exercice dans un autre canton. A la fin de cette semaine éprouvante nous avions le droit à deux jours de congés supplémentaires. Or mon commandant de compagnie, ce blaireau, voulu que je rentre dés le dimanche soir pour aller chercher ma culasse. C’était totalement absurde, puisqu’il était évident que je ne la retrouverais pas; deplus il n’était pas sûr qu’il y est une bagnole de libre pour m’emmener sur le terrain en question. Je décidais de refuser cette ordre absurde. Je fus condamné à 7, ou 8 jours de tôle.

Les « crimes » commis dans le cadre de l’armée suisse ne sont pas jugés par des tribunaux civils, mais par des officiers. Quelque soit la durée de la condamnation, même une demi-journée, cela tombe le week-end. On peut aussi être condamné à des arrêts simples: à ce moment là on fait l’exercice dans la journée, et on passe la nuit en tôle. En tôle, on a le droit à une heure de promenade par jour. On n’a pas le droit de fumer en cellule, on n’a même pas le droit d’avoir un papier et un crayon. On peut juste avoir la bible et les règlements de service. La bible, excepté les Actes des apôtres, vous conviendrez que ce n’est pas de la littérature! Quant aux règlements de service, on les connaît déjà par coeur. C’est un sous-officier qui s’occupe des détenus. Si c’est un gros con, il vous fouille. Sinon, s’il est sensé, il vous laissera emporter en cellule ce que vous voulez. Pour pisser ou chier, c’est trois fois par jour. On peut aussi pisser par la fenêtre, et c’est obligé si on boit des bières. Au début de la détention on dort un max; mais après on s’enmerde mortellement.

Pour en revenir à mon histoire de culasse, je fus donc enfermé. La cellule était vraiment merdique, mais j’avais une belle vue sur un lac de montagne. Le deuxième jour de ma détention, je trouvais la clé d’une cellule vide qui ouvrait la mienne. Je sortais donc illégalement. J’allais en cuisine, où les cuistots jurassiens m’offraient de la gnôle. J’allais aussi me promener dans la forêt et au bord du lac. Une fois j’allais au bistrot du village d’à côté, et malheureusement je tombais sur le sous-off qui était chargé de ma détention. Il ne dit rien à personne, mais le bon temps était terminé. Après ma détention, cette histoire de culasse ne fut pas terminée. D’abord je du la payer, soit 300 francs. Ensuite lors d’une inspection d’un divisionnaire, l’idiot de colonel qui commandait mon école de recrues, m’inculpa pour dilapidation de matériel. J’aurais en effet aidé à perdre cette culasse, et deplus en tant que genevois, c’est à dire ressortissant de la « pute du bout du lac », j’étais un vicieux. Heureusement, le juge militaire fut assez raisonnable pour me relaxer de cette inculpation grotesque, et je n’écopais que d’un blâme. Pour en finir avec cette histoire ridicule, comme pendant un temps certain temps je n’avais pas de culasse, j’étais dispensé de nettoyer mon fusil (une corvée en moins). La bouche à feu fut bouchée par de la terre, et le canon gonfla. Mon fusil, « ma femme », fut bien vite complètement foutu, mais heureusement je n’eu qu’une réprimande verbale. Que par un certain laxisme je sois responsable de tout cela? Pensez-vous bien que non…

Deuxième histoire d’un extraordinaire ridicule. C’était un week-end où j’étais de garde. Il faut vous dire que je faisais mon service dans le canton de Neuchâtel (« Neuch »). Ce week-end là, il y avait une sorte de fête des vendanges. Alors des mecs sympas qui avaient pitié de nous, nous apportèrent des bouteilles de pinard. Mais j’eu la malchance de me faire choper par le lieut de garde. Cet abruti n’aurait pu rien dire, mais il était tellement abruti qu’il le signala. J’écopais de 7 jours. Je ne fus pas enfermé en caserne, mais dans une autre place d’arme où notre compagnie fut envoyée pour étudier le combat de loc, entendez par là la répression d’une rébellion de chômeurs. La cellule était minuscule: il n’y avait que le lit, même pas un espace pour passer les pieds. Mais surtout la fenêtre ne s’ouvrait pas. Si bien qu’outre que je ne pouvais pas fumer, la transpiration faisait que cela puait un max dedans. Bien sûr moi je ne sentais rien, mais ceux qui ouvraient la porte devaient se boucher le nez. Fort heureusement, le sous-off qui s’occupait de moi était un de mes potes. Il me faisait sortir plus longtemps, et il me fila des bouquins intéressant.

Enfin, voilà la dernière histoire absurde qui m’arriva. Un jour la police militaire débarqua. Pour être flic dans le civil, il faut avoir fait son service militaire. Lorsqu’on devient flic on est dispensé de service (l’armée suisse est une armée de milice, et tous les deux ans on doit faire trois semaines jusqu’à l’âge de 42 ans). Mais les flics qui veulent quand même servir, peuvent rentrer dans la police militaire. Or donc, la police militaire vint fouiller notre caserne pour chercher des stupéfiants (elle ne sert d’ailleurs qu’à cela). Nous fûmes une quarantaine à nous faire choper pour détention de shit. Bien entendu le nombre total de fumeur de la caserne était au moins trois plus élevé, mais les flics ne parvinrent qu’à choper 40 gulus (ce qui n’est déjà pas mal). Le problème, c’est qu’il n’y avait pas assez de cellule de libre. Si bien qu’on casa les fumeurs de chichon un peu partout. Mon commandant, qui est l’homme le plus con et le plus salaud que je n’ai jamais connu, voulu que je sois enfermé dans un local à matériel sans fenêtre: il avait spécialement pensé à moi. Je fis immédiatement recours contre cette volonté salope, et je gagnais. Je fus alors envoyé au local de garde. J’avais là de la compagnie, mais le problème c’est que 24 heures sur 24 il y a du bruit dans ce local, si bien que je n’étais jamais en paix.

Tristan Decker, juillet 1998

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